lunes, 20 de enero de 2014

Editorial de la Croix sobre la ampliación del aborto en Francia.

Avortement: ne pas nier la détresse
Editorial La Croix, 19/1/14 - 18 H 12

Une «marche pour la vie» aux couleurs de l’Espagne à Paris
Sur un point au moins, toutes les parties prenantes du débat sur l’avortement seront du même avis: ce n’est pas une modification anodine que de supprimer toute référence à «une situation de détresse» avant le recours à une interruption volontaire de grossesse (IVG).

Pour les partisans d’un tel amendement à la loi Veil, qui va être débattu lundi 20 janvier à l’Assemblée nationale, dans le cadre de l’examen du projet de loi pour l’égalité entre les femmes et les hommes, il y a explicitement «la volonté de faciliter l’exercice» d’un «droit fondamental», selon les termes de Najat Vallaud-­Belkacem, ministre des droits des femmes. Les adversaires d’une telle évolution de la loi de 1975 voient là, au contraire, une nouvelle étape de la banalisation d’une décision grave, puisqu’elle conduit à interrompre une vie à naître et retentit sur la mère.

Le débat qui va s’ouvrir est donc important, comme l’avait souligné, en juin 2001, une décision du Conseil constitutionnel. Ce dernier devait se prononcer sur l’allongement du délai pendant lequel une IVG peut être pratiquée, de dix à douze semaines de grossesse. Il avait rappelé qu’en la matière la loi devait respecter un équilibre entre «la liberté de la femme» et «le respect de l’être humain dès le commencement de la vie». À ses yeux, cet équilibre reposait notamment sur la référence à une situation de détresse, cela pour «exclure toute fraude à la loi». Cette dernière expression recouvrait le risque d’eugénisme, et notamment la possibilité de recourir à l’avortement en fonction du sexe de l’enfant à naître.

Cette forme de banalisation, il faut la refuser. Personne, d’ailleurs, n’ose la défendre ouvertement. Encore faut-il ne pas la faciliter en pratique. La détresse bien réelle de la plupart des personnes face à une grossesse inattendue –qu’il s’agisse des femmes, mais aussi des hommes, trop souvent absents en de telles circonstances– mérite, elle, d’être accompagnée, prise en compte et respectée. Non d’être niée ou passée sous silence. Ce qui serait contraire à la dignité humaine.


Guillaume Goubert

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